Questions Fréquemment Posées

Last Updated: Oct 12, 2020

Questions Générales

1. Quel est l’objectif de l’Accord de Glasgow?

L’objectif de l’Accord de Glasgow est de reprendre l’initiative des gouvernements et des institutions internationales et de créer un outil alternatif d’action et de collaboration pour le mouvement pour la justice climatique. Jusqu’à présent, le mouvement pour la justice climatique s’est surtout attaché à exiger que les gouvernements à agissent pour le climat ou à faire pression pour des accords internationaux plus solides dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), tels que le protocole de Kyoto en 1997 ou l’Accord de Paris en 2015. Pendant ce temps, les émissions continuent d’augmenter. C’est pourquoi l’Accord de Glasgow propose que la société civile propose son propre plan d’action, et n’attende plus des gouvernements et des institutions internationales qu’ils le fassent. Nous souhaitons utiliser une grande variété de stratégies et tactiques, dont la désobéissance civile, pour atteindre la réduction des émissions nécessaire pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C d’ici 2100.

2. Quelles organisations sont à l’origine de l’Accord de Glasgow?

Jusqu’à présent, au moins 58 organisations se sont engagées à construire l’Accord. Cette proposition a été présenté pour la première fois lors de la réunion “By2020WeRiseUp” dans la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) en février 2020 puis à la réunion “By2020WeRiseUp” à Bruxelles début mars. D’autres militant.e.s d’organisations et de mouvements locaux du monde entier ont été impliqué.e.s dans l’écriture de la première ébauche de l’Accord.

C’est à partir de cette première version que l’initiative a commencé à fonctionner, mais le texte final sera le fruit des discussions entre toutes les organisations qui décideront de participer à ce processus. Les noms des organisations participantes ne seront publiés que si elles donnent leur plein consentement. Les seules organisations qui seront publiquement liées à cet événement seront celles qui signeront le texte final de l’Accord.

3. Pourquoi l’Accord s’intitule-t-il Accord de Glasgow?

Cette initiative est appelée “Accord de Glasgow” car la proposition initiale était de le signer lors de la COP26 à Glasgow, prévue pour novembre 2020. Avec le report de la COP26 à 2021, une discussion s’est engagée sur le nom de l’accord. Une décision finale a été prise et les organisations ont décidé que le nom devait rester “Accord de Glasgow”, avec le sous-titre “Engagement des peuples pour le climat”.

Qui peut adhérer et comment?

4. Quelles organisations peuvent adhérer?

Tout mouvement ou organisation sociale, petite ou grande, locale, régionale, nationale ou internationale, peut participer, à l’exception des partis politiques et des églises (les groupes religieux peuvent participer). Il n’est pas nécessaire que l’organisation soit légalement enregistrée dans votre pays. Les sociétés commerciales ne doivent pas participer, car l’objet du contrat est strictement non commercial.

5. Notre organisation est compétente pour les questions techniques, mais ne pratique pas l’action directe ; pouvons-nous vous rejoindre?

Oui, l’un des engagements de ce contrat est de partager des compétences au niveau mondial, de sorte que chaque organisation puisse aider d’autres organisations avec ses compétences techniques et que d’autres organisations puissent aider avec des actions, des tactiques et des compétences directes si elles le souhaitent. (Voir également la question 16)

6. Puis-je m’inscrire individuellement?

Cet accord est destiné aux organisations, et non aux individus. Ainsi, bien que vous pussiez participer en tant que militant.e et vous engager dans la construction de l’Accord de Glasgow, vous ne pouvez pas faire de propositions politiques, en particulier pour le texte de l’accord. Cependant, vous pouvez participer aux assemblées et aux groupes de travail.

7. Comment puis-je me joindre à l’Accord de Glasgow?

Votre organisation peut participer au processus de l’Accord de Glasgow en envoyant un courriel à glasgowagreement@riseup.net avec la confirmation de votre participation au processus d’élaboration de l’accord. Cela ne signifie pas que l’organisation s’engage à signer l’accord final ; cela signifie seulement que vous avez un mandat pour vous impliquer dans le processus, faire des propositions et participer au processus de construction de la version finale. À la fin, lorsqu’il y aura un texte final et accepté, toutes les organisations devront lire le texte final et prendre une décision à son sujet.

8. Si mon organisation adhère maintenant, qu’est-ce que cela signifie?

Cela signifie que votre organisation peut désormais participer aux assemblées, aux groupes de travail et faire des propositions politiques pour le texte de l’Accord. Le fait d’adhérer maintenant ne signifie pas que l’organisation est d’accord avec le texte final.

Quel est le fonctionnement?

9. Quelle est la structure de l’Accord de Glasgow?

L’Accord de Glasgow n’a pas de structure fixe afin de s’adapter aux besoins et au contexte. Nous avons une assemblée et des groupes de travail. Les lignes directrices de travail suivantes sont respectées:

  • i) prise de décision par consensus;
  • ii) inclusion et respect;
  • iii) approche décentralisée;
  • iv) le seul espace approprié pour les décisions politiques est l’assemblée;
  • v) l’assemblée est un organe souverain;
  • iv) seules les organisations engagées dans la construction de l’Accord de Glasgow peuvent soumettre des propositions pour le texte du contrat.

10. Pourquoi les propositions pour le texte de l’accord ne peuvent-elles être présentées que par des organisations qui ont confirmé leur participation?

Les propositions politiques ne peuvent être présentées que par des organisations, car le pouvoir politique que nous voulons créer pour le mouvement pour la justice climatique ne peut se faire sans l’organisation de militant au sein de collectifs. En outre, nous voulons éviter les propositions vagues ou non engagées.

11. Comment sont prises les décisions concernant le processus et le l’Accord?

Le processus décisionnel et les propositions constituent un lien entre les groupes de travail et l’assemblée. Nous nous efforçons de prendre des décisions par consensus. Les décisions politiques ainsi que les décisions générales sont prises au sein de l’assemblée. L’assemblée donne également des mandats aux groupes de travail, qui décident de leur propre processus interne et des décisions opérationnelles de leur mandat. Les groupes de travail peuvent soumettre des propositions à l’assemblée.

Le processus décisionnel du texte de l’Accord ne peut ouvrir la voie à des abus de pouvoir ou à des hiérarchies, et il faut s’efforcer activement pour parvenir à un consensus sans perdre la proposition d’escalade et d’engagement. Par conséquent, au cours des premiers mois, nous utiliserons des boucles de retours d’informations (feedback loops) continues pour l’élaboration et la construction du texte.

La seule restriction est que le texte doit être court et concis, respecter entièrement les délais et les limites d’émission, et, respecter les définitions de la justice climatique et de la désobéissance civile.

12. Comment puis-je me joindre à l’Assemblée?

La participation active aux assemblées est conditionnée par l’engagement des organisations à participer au processus de développement de l’Accord de Glasgow.

Les organisations intéressées par l’adhésion peuvent être invitées à participer en tant qu’observatrices (avec la possibilité de poser des questions), mais ne pourront pas participer aux décisions tant que l’organisation n’aura pas exprimé son engagement.

Les individus qui confirment leur engagement à construire l’Accord de Glasgow peuvent assister aux assemblées mais ne peuvent pas faire de propositions politiques.

Un effort réel est fait pour avoir des traductions simultanées lors des assemblées.

13. Comment puis-je rejoindre les groupes de travail?

Une fois que votre organisation aura confirmé son engagement, vous recevrez un kit de bienvenue avec les étapes à suivre pour rejoindre les groupes de travail.

14. Je ne parle pas anglais ; comment puis-je participer?

Pour l’instant, notre langue de travail est encore essentiellement l’anglais. Nous reconnaissons la nécessité de nous tourner bientôt vers l’utilisation de différentes langues de travail, en particulier l’espagnol.

Des solutions pour les non-anglophones sont en cours d’élaboration et il s’agit d’un processus ouvert. Jusqu’à présent, nous traduisons le texte en espagnol, en français et en portugais. Cependant, n’hésitez pas à communiquer avec nous dans d’autres langues (en particulier en espagnol, portugais, français … etc.) et nous serons heureux de vous aider par tous les moyens possibles afin de rendre le processus plus inclusif dans la langue. Nous reconnaissons que cela est important pour la mise en place d’un Accord de Glasgow véritablement global et inclusif.

À propos de l’Accord

15. Pourquoi l’accent est-il mis sur la désobéissance civile et la non-coopération?

L’idée principale de l’accord est que les mouvements ne doivent pas être entraînés dans la faillite des institutions. Nous connaissons la menace des changements climatiques depuis au moins 1980, nous avons essayé de nombreuses tactiques, il y a eu deux accords internationaux (voir “Quel est l’objectif de l’Accord de Glasgow”) et pourtant les émissions mondiales continuent d’augmenter à mesure que le temps passe.

Lorsque les institutions échouent, la désobéissance civile et la non-coopération sont les moyens les plus importants dont nous disposons en tant que citoyens de ce monde pour agir, intensifier et coordonner au niveau mondial et atteindre les réductions d’émissions nécessaires pour éviter une catastrophe climatique.

16. Mon organisation n’envisage pas la désobéissance civile, bien que nous pensions qu’il est légitime que d’autres organisations utilisent cet outil; pouvons-nous faire partie de l’accord?

Oui, votre organisation peut être partie prenante de cet Accord, tant qu’elle ne s’oppose pas au fait que d’autres organisations pratiquent la désobéissance civile.

17. Quel est l’objectif de l’inventaire qui sera produit?

L’inventaire fournira une liste des principales sources d’émission sur le territoire d’un État (ou d’une région, si cela est plus utile), en se concentrant sur des infrastructures, des secteurs et des entreprises spécifiques. Sur cette base, les organisations de l’Accord de Glasgow, situées dans un État ou une région donnée, établiront des priorités pour la réduction des émissions, c’est-à-dire une liste d’infrastructures dans ce domaine à fermer en utilisant différents outils. Cet inventaire tiendra compte des conditions historiques ou politiques spécifiques de chaque pays, et le niveau de réduction des émissions requis sera analysé dans une perspective de “participation équitable”, c’est-à-dire en fonction des responsabilités historiques et des capacités.

18. La production de l’inventaire est-elle un exercice compliqué (nous craignons de nous engager dans quelque chose sans savoir si nous avons la capacité de le réaliser)?

Le processus est actuellement en cours de préparation et nous espérons pouvoir bientôt mettre à disposition un échantillon d’inventaire et un modèle. Ce sera aussi quelque chose qui pourra être articulé avec des institutions académiques.

19. Quel est l’avantage de se concentrer sur les infrastructures?

Lorsque les institutions produisent leurs projets climatiques, elles séparent le pourcentage total de gaz à effet de serre qui doit être réduit en différents secteurs, ce qui rend la notion très abstraite. Il faut comprendre que cette approche conduit à des actions inappropriées dans beaucoup de cas où des réductions sont nécessaire. Si nous nous concentrons sur les installations concrètes, les infrastructures, les usines ou les industries de combustibles fossiles qui doivent être mises hors service, nous examinerons les raisons pour lesquelles ces réductions sont vraiment importantes et comment elles sont appliquées sur le terrain. Nous cesserons d’aborder la réduction des émissions de manière abstraite et nous nous concentrerons sur des programmes politiques qui peuvent être mis en œuvre immédiatement.

Nous sommes conscients qu’arrêter les infrastructures polluantes n’est pas suffisant. Nous avons besoin d’une transition juste qui inclue la création d’alternatives. En mettant à l’arrêt les installations concrètes, infrastructures, usines ou industries d’énergie fossiles nous augmenterons la pression politique, social et économique pour une transition juste.

20. L’Accord de Glasgow implique-t-il que le travail institutionnel doit être abandonné?

Non. Toutes les organisations qui souhaitent poursuivre la lutte institutionnelle sont les bienvenues. Cependant, dans le cadre de cet Accord, ce n’est pas l’objectif. Nous nous concentrons sur le pouvoir des personnes et des mouvements pour réduire les émissions et fermer les industries et les projets nuisibles. Jusqu’à présent, de nombreux mouvements se sont concentrés sur la pression exercée sur les institutions pour qu’elles agissent, mais nous n’avons pas obtenu les résultats nécessaires pour prévenir les changements climatiques catastrophiques. Avec l’Accord de Glasgow, nous recherchons de l’engagement dans des actions appropriées, opportunes et concrètes les institutions sont invitées à suivre et à s’engager.

21. Quelle stratégie de communication est prévue autour de l’accord ? Y aura-t-il une campagne publique avant sa signature?

Il y aura une cérémonie de signature et une campagne publique à cette fin. Toutefois, aucune décision n’a encore été prise quant au format et à la logistique de cette campagne.